Et tout son être frémissait en murmurant ce nom, pendant que Madge, s'emparant d'elle, la reconduisait presque de force à sa chambre.

James Starr était accouru. Après avoir lu et relu la phrase menaçante :

« La main qui a tracé ces lignes, dit-il, est celle qui m'avait écrit la lettre contradictoire de la vôtre, Simon ! Cet homme se nomme Silfax ! Je vois à votre trouble que vous le connaissez ! Quel est ce Silfax ? »

XX

Le pénitent

Ce nom avait été toute une révélation pour le vieil overman.

C'était celui du dernier « pénitent » de la fosse Dochart.

Autrefois, avant l'invention de la lampe de sûreté, Simon Ford avait connu cet homme farouche, qui, au risque de sa vie, allait chaque jour provoquer les explosions partielles du grisou. Il avait vu cet être étrange, rôdant dans la mine, toujours accompagné d'un énorme harfang, sorte de chouette monstrueuse, qui l'aidait dans son périlleux métier en portant une mèche enflammée là où la main de Silfax ne pouvait atteindre. Un jour, ce vieillard avait disparu, et, en même temps que lui, une petite orpheline, née dans la mine et qui n'avait plus pour parent que lui, son arrière-grand-père. Cette enfant, évidemment, c'était Nell. Depuis quinze ans, tous deux auraient donc vécu dans quelque secret abîme, jusqu'au jour où Nell fut sauvée par Harry.

Le vieil overman, en proie à la fois à un sentiment de pitié et de colère, communiqua à l'ingénieur et à son fils ce que la vue de ce nom de Silfax venait de lui révéler.

Cela éclaircissait toute la situation. Silfax était l'être mystérieux vainement cherché dans les profondeurs de la Nouvelle Aberfoyle !