Ce qui inquiétait James Starr en ce moment, ce n'était donc pas qu'il y eût trop de gaz mélangé à l'air, c'était qu'il n'y en eût pas assez, — et même pas du tout.
« Se seraient-ils trompés ? murmura-t-il. Non ! Ce sont des hommes qui s'y connaissent ! Et pourtant !... » Il attendait donc, non sans une certaine anxiété, que le phénomène signalé par Simon Ford s'accomplît en sa présence. Mais, à ce moment, il paraît que ce qu'il venait d'observer, c'est-à-dire cette absence de l'odeur caractéristique du grisou, avait été aussi remarquée par Harry, car celui-ci, d'une voix altérée, dit :
« Père, il semble que la fuite du gaz ne se fait plus à travers les feuillets de schiste !
— Ne se fait plus ! :.. » s'écria le vieux mineur.
Et Simon Ford, après avoir hermétiquement serré ses lèvres, aspira fortement du nez, à plusieurs reprises.
Puis, tout d'un coup, et d'un mouvement brusque :
« Donne ta lampe, Harry ! » dit-il.
Simon Ford prit la lampe d'une main qui s'agitait fébrilement. Il dévissa l'enveloppe de toile métallique qui entourait la mèche, et la flamme brûla à l'air libre.
Ainsi qu'on s'y attendait, il ne se produisit aucune explosion; mais, ce qui était plus grave, il ne se fit pas même ce léger grésillement, qui indique la présence du grisou à faible dose.
Simon Ford prit le bâton que tenait Harry, et, fixant la lampe à son extrémité, il l'éleva dans les couches d'air supérieures, là où le gaz, en raison de sa légèreté spécifique, aurait dû plutôt s'accumuler, en si minime quantité que ce fût.