«A qui ai-je l'honneur de parler? demanda William J. Bidulph.
— A monsieur Kin-Fo, de Shang-Haï.
— Monsieur Kin-Fo!… un des clients de la Centenaire… police numéro vingt-sept mille deux cent…
— Lui-même.
— Serais-je assez heureux, monsieur, pour que vous eussiez besoin de mes services?
— Je désirerais vous parler en particulier», répondit Kin-Fo.
La conversation entre ces deux personnes devait se faire d'autant plus facilement, que William J. Bidulph parlait aussi bien le chinois que Kin-Fo parlait l'anglais.
Le riche client fut donc introduit, avec les égards qui lui étaient dus, dans un cabinet, tendu de sourdes tapisseries, fermé de doubles portes, où l'on eût pu comploter le renversement de la dynastie des Tsing, sans crainte d'être entendu des plus fins tipaos du Céleste Empire.
«Monsieur, dit Kin-Fo, dès qu'il se fut assis dans une chaise à bascule, devant une cheminée chauffée au gaz, je désirerais traiter avec votre Compagnie, et faire assurer à mon décès le paiement d'un capital dont je vous indiquerai tout à l'heure le montant.
— Monsieur, répondit William J. Bidulph, rien de plus simple. Deux signatures, la vôtre et la mienne, au bas d'une police, et l'assurance sera faite, après quelques formalités préliminaires. Mais, monsieur… permettez-moi cette question… vous avez donc le désir de ne mourir qu'à un âge très avancé, désir bien naturel d'ailleurs?