— Et, dans ces conditions, quel sera le montant de la prime à payer? demanda Kin-Fo.

— Mon cher monsieur, répondit l'agent principal, nos primes sont établies avec une justesse mathématique, qui est tout à l'honneur de la Compagnie. Elles ne sont plus basées, comme elles l'étaient autrefois, sur les tables de Duvillars… Connaissez-vous Duvillars?

— Je ne connais pas Duvillars.

— Un statisticien remarquable, mais déjà ancien… tellement ancien, même, qu'il est mort. A l'époque où il établit ses fameuses tables, qui servent encore à l'échelle, de primes de la plupart des compagnies européennes, très arriérées, la moyenne de la vie était inférieure à ce qu'elle est présentement grâce au progrès de toutes choses. Nous nous basons donc sur une moyenne plus élevée, et par conséquent plus favorable à l'assuré, qui paie moins cher et vit plus longtemps…

— Quel sera le montant de ma prime? reprit Kin-Fo, désireux d'arrêter le verbeux agent, qui ne négligeait aucune occasion de placer ce boniment en faveur de la Centenaire.

— Monsieur, répondit William J. Bidulph j'aurai l'indiscrétion de vous demander quel est votre âge?

— Trente et un ans.

— Eh bien — à trente et un ans, s'il ne s'agissait que d'assurer les risques ordinaires, vous paieriez dans toute compagnie, deux quatre-vingt-trois pour cent. Mais, à la Centenaire, ce ne sera que deux soixante-dix, ce qui fera annuellement, pour un capital de deux cent mille dollars, cinq mille quatre cents dollars.

— Et dans les conditions que je désire? dit Kin-Fo.

— En assurant tous les risques, y compris le suicide?…