Le moteur de ce véhicule, c'est et ce ne peut être qu'un homme, qui pousse l'appareil en avant et ne le traîne pas.

Il est donc placé, en arrière du voyageur, dont il ne gêne aucunement la vue, comme le cocher d'un cab anglais.

Lorsque le vent est bon, c'est-à-dire quand il souffle de l'arrière, l'homme s'adjoint cette force naturelle, qui ne lui coûte rien; il plante un mâtereau sur l'avant du coffre, il hisse une voile carrée, et, par les grandes brises, au lieu de pousser la brouette, c'est lui qui est entraîné, — souvent plus vite qu'il ne le voudrait.

Le véhicule fut acheté avec tous ses accessoires. Kin-Fo y prit place. Le vent était bon, la voile fut hissée.

«Allons, Soun!» dit Kin-Fo.

Soun se disposait tout simplement à s'étendre dans le second compartiment du coffre.

«Aux brancards! cria Kin-Fo d'un certain ton qui n'admettait pas de réplique.

— Maître… que… moi… je!… répondit Soun, dont les jambes fléchissaient d'avance, comme celles d'un cheval surmené.

— Ne t'en prends qu'à toi, qu'à ta langue et à ta sottise!

— Allons, Soun! dirent Fry-Craig.