Kin-Fo et ses compagnons s'occupèrent alors de chercher un hôtel convenable, et il n'en manquait pas à Tong-Tchéou. Cette vaste cité n'est à vrai dire qu'un immense faubourg de Péking. La voie dallée, qui l'unit à la capitale, est tout au long bordée de villas, de maisons, de hameaux agricoles, de tombeaux, de petites pagodes, d'enclos verdoyants, et, sur cette route, la circulation des voitures, des cavaliers, des piétons, est incessante.

Kin-Fo connaissait la ville, et il se fit conduire au Taè-Ouang- Miao, «le temple des princes souverains». C'est tout simplement une bonzerie, transformée en hôtel, où les étrangers peuvent se loger assez confortablement.

Kin-Fo, Craig et Fry s'installèrent aussitôt, les deux agents dans une chambre contiguë à celle de leur précieux client.

Quant à Soun, il disparut pour aller dormir dans le coin, qui lui fut assigné, et on ne le revit plus.

Une heure après, Kin-Fo et ses fidèles quittaient leurs chambres, déjeunaient avec appétit et se demandaient ce qu'il convenait de faire.

«Il convient, répondirent Craig-Fry, de lire la Gazette officielle, afin de voir s'il s'y trouve quelque article qui nous concerne.

— Vous avez raison, répondit Kin-Fo. Peut-être apprendrons-nous ce qu'est devenu Wang.»

Tous trois sortirent donc de l'hôtel. Par prudence, les deux acolytes marchaient aux côtés de leur client, dévisageant les passants et ne se laissant approcher par personne. Ils allèrent ainsi par les étroites rues de la ville et gagnèrent les quais. Là, un numéro de la Gazette officielle fut acheté et lu avidement.

Rien! rien que la promesse de deux mille dollars ou de treize cents taëls, à qui ferait connaître à William J. Bidulph la résidence actuelle du sieur Wang, de Shang-Haï.

«Ainsi, dit Kin-Fo, il n'a pas reparu!