Cette circonstance devint un véritable sujet de curiosité. ([Page 417].)

Mais, la reconnaissance des détroits de la Fury et de l'Hécla, qui séparent la presqu'île Melville de la Terre de Cockburn, força les voyageurs à passer un second hiver dans les régions arctiques. Si l'installation fut plus confortable, le temps s'écoula cependant avec moins de gaieté, à cause de la déception profonde qu'officiers et matelots avaient éprouvée de se voir arrêtés, au moment qu'ils comptaient faire route pour le détroit de Behring.

Famille d'Esquimaux.
(Fac-simile. Gravure ancienne.)

Le 12 août, les glaces s'entr'ouvrirent. Parry voulait renvoyer ses navires en Europe et continuer par terre l'exploration des terres qu'il avait découvertes; mais il dut céder aux représentations du capitaine Lyon, qui lui montra toute la témérité de ce plan désespéré. Les deux bâtiments rentrèrent donc en Angleterre après une absence de vingt-sept mois, n'ayant perdu que cinq hommes sur cent dix-huit, quoi qu'ils eussent passé deux hivers consécutifs dans ces régions hyperboréennes.

Certes, les résultats de ce second voyage ne valaient pas ceux du premier; il s'en fallait cependant qu'ils fussent sans prix. On savait désormais que la côte d'Amérique ne s'étend guère au delà du 70e degré, que l'Atlantique communique avec la mer polaire par une foule de détroits et de canaux, la plupart bouchés, comme ceux de la Fury, de l'Hécla et de Fox, par des barrières de glaces qu'accumulent les courants.

Si les glaces trouvées à l'extrémité sud-est de la presqu'île Melville paraissaient permanentes, il ne semblait pas en être ainsi de celles de l'entrée du Régent. Il y avait par conséquent des chances de pouvoir pénétrer par là dans le bassin polaire. La Fury et l'Hécla furent donc encore une fois armées et confiés à Parry.