— Au profit de la France?… demande Frascolin.

— Non… au profit du Royaume-Uni!

— Oh! fait Yvernès, Angleterre ou Allemagne…

— Non, mon cher enfant, répond le supérieur, il faut y voir une notable différence…

— Mais le roi Malietoa?… répond Yvernès.

— Eh bien, le roi Malietoa fut une autre fois renversé, et savez- vous quel est le prétendant qui aurait eu alors le plus de chances à lui succéder?… Un Anglais, l'un des personnages les plus considérables de l'archipel, un simple romancier…

— Un romancier?… —Oui… Robert Lewis Stevenson, l'auteur de l'Île au trésor et des Nuits arabes.

— Voilà donc où peut mener la littérature! s'écrie Yvernès.

— Quel exemple à suivre pour nos romanciers de France! réplique Pinchinat. Hein! Zola Ier, ayant été souverain des Samoans… reconnu par le gouvernement britannique, assis sur le trône des Tupua et des Malietoa, et sa dynastie succédant à la dynastie des souverains indigènes!… Quel rêve!»

La conversation prend fin, après que le supérieur a donné divers détails sur les moeurs des Samoans. Il ajoute que, si la majorité appartient à la religion protestante wesleyenne, il semble bien que le catholicisme fait chaque jour plus de progrès. L'église de la Mission est déjà trop petite pour les offices, et l'école exige un agrandissement prochain. Il s'en montre très heureux, et ses hôtes s'en réjouissent avec lui.