«Ainsi nous allons engager notre encombrante machine à travers ces centaines de cailloux semés sur sa route? observe Sébastien Zorn.
— Oui, mon vieux compagnon de cordes, répond Frascolin, et si tu regardes avec quelque attention…
— Et en fermant la bouche… ajoute Pinchinat.
— Pourquoi?…
— Parce que, comme dit le proverbe, en close bouche n'entre pas mouche!
— Et de quelle mouche veux-tu parler?…
— De celle qui te pique, quand il s'agit de déblatérer contre Standard-Island!» Sébastien Zorn hausse dédaigneusement les épaules, et revenant à Frascolin: «Tu disais?…
— Je disais que, pour atteindre les deux grandes îles de Viti-
Levou et de Vanua-Levou, il existe trois passes qui traversent le
groupe oriental: la passe Nanoukou, la passe Lakemba, la passe
Onéata…
— Sans compter la passe où l'on se fracasse en mille pièces! s'écrie Sébastien Zorn. Cela finira par nous arriver!… Est-ce qu'il est permis de naviguer dans de pareilles mers avec toute une ville, et toute une population dans cette ville?… Non! cela est contraire aux lois de la nature!
— La mouche!… riposte Pinchinat. La voilà, la mouche à Zorn… la voilà!» En effet, toujours ces fâcheux pronostics dont l'entêté violoncelliste ne veut pas démordre! Au vrai, en cette portion du Pacifique, c'est comme une barrière que le premier groupe des Fidji oppose aux navires arrivant de l'est. Mais, que l'on se rassure, les passes sont assez larges pour que le commodore Simcoë puisse y hasarder son appareil flottant, sans parler de celles indiquées par Frascolin. Parmi ces îles, les plus importantes, en dehors des deux Levou situées à l'ouest, sont Ono Ngaloa, Kandabou, etc.