Puis, en maint endroit, sans compter l'horloge et les ampoules électriques, qui s'épanouissent à portée de la main, des boutons de sonnettes ou de téléphones mettent en communication instantanée les divers services de l'établissement.
Et non seulement Sébastien Zorn et ses compagnons peuvent correspondre avec l'hôtel, mais aussi avec les divers quartiers de la ville, et peut-être, — c'est l'avis de Pinchinat, — avec n'importe quelle cité des États-Unis d'Amérique.
«Ou même des deux mondes,» ajoute Yvernès. En attendant qu'ils eussent l'occasion de faire cette expérience, voici, à sept heures quarante-sept, que cette phrase leur est téléphonée en langue anglaise: «Calistus Munbar présente ses civilités matinales à chacun des honorables membres du Quatuor Concertant, et les prie de descendre, dès qu'ils seront prêts, au dining-room d'Excelsior-Hotel, où leur est servi un premier déjeuner. «Excelsior-Hotel! dit Yvernès. Le nom de ce caravansérail est superbe!
— Calistus Munbar, c'est notre obligeant Américain, remarque
Pinchinat, et le nom est splendide!
— Mes amis, s'écrie le violoncelliste, dont l'estomac est aussi impérieux que son propriétaire, puisque le déjeuner est sur la table, allons déjeuner, et puis…
— Et puis… parcourons la ville, ajoute Frascolin. Mais quelle peut être cette ville?»
Nos Parisiens étant habillés ou à peu près, Pinchinat répond téléphoniquement qu'avant cinq minutes, ils feront honneur à l'invitation de M. Calistus Munbar.
En effet, leur toilette achevée, ils se dirigent vers un ascenseur qui se met en mouvement et les dépose dans le hall monumental de l'hôtel. Au fond se développe la porte du dining-room, une vaste salle étincelante de dorures.
«Je suis le vôtre, messieurs, tout le vôtre!»
C'est l'homme de la veille, qui vient de prononcer cette phrase de huit mots. Il appartient à ce type de personnages dont on peut dire qu'ils se présentent d'eux-mêmes. Ne semble-t-il pas qu'on les connaisse depuis longtemps, ou, pour employer une expression plus juste, «depuis toujours»?