«Messieurs, nous vous aurions attendu vingt ans encore!»

Telle est la réponse qu'ils reçoivent de l'aimable directeur des soirées musicales de San-Diégo.

On ne saurait être ni plus accommodant ni plus gracieux. Aussi la seule manière de reconnaître tant de courtoisie est-elle de donner ce concert annoncé depuis si longtemps!

Et, devant un public aussi nombreux qu'enthousiaste, le quatuor en fa, majeur de l'Op. 9 de Mozart vaut-il à ces virtuoses, échappés au naufrage de Standard-Island, l'un des plus grands succès de leur carrière d'artistes.

Voilà comment se termine l'histoire de cette neuvième merveille du monde, de cet incomparable Joyau du Pacifique! Tout est bien qui finit bien, dit-on, mais tout est mal qui finit mal, et n'est-ce pas le cas de Standard-Island?…

Finie, non! et elle sera reconstruite un jour ou l'autre, — à ce que prétend Calistus Munbar.

Et pourtant, — on ne saurait trop le répéter, — créer une île artificielle, une île qui se déplace à la surface des mers, n'est- ce pas dépasser les limites assignées au génie humain, et n'est-il pas défendu à l'homme, qui ne dispose ni des vents ni des flots, d'usurper si témérairement sur le Créateur?…

FIN DE LA SECONDE ET DERNIÈRE PARTIE.

[1] Deux milliards 500 millions de francs. [2] L'enceinte fortifiée de Paris mesure trente-neuf kilomètres, et compte vingt-trois kilomètres à son ancien mur d'octroi. [3] 30 millions de francs. [4] Ces relevés sont donnés d'après les cartes françaises dont le méridien zéro passe par Paris, — méridien qui était généralement adopté à cette époque. [5] Cette aroïdée est largement utilisée dans l'alimentation des naturels du Pacifique. [6] Industrie qui utilise les noix de coco, lesquelles, après avoir été fendues et desséchées soit au soleil, soit au feu, fournissent cette pulpe désignée sous le nom de «coprah» qui entre dans la composition des savons de Marseille.