— Par quart, répond le surintendant, et voici le premier trimestre.» Des liasses de billets de banque qui bourrent son portefeuille, Calistus Munbar fait quatre paquets de cinquante mille dollars, soit deux cent cinquante mille francs, qu'il remet à Frascolin et à ses camarades.

Voilà une façon de traiter les affaires — à l'américaine.

Sébastien Zorn ne laisse pas d'être ébranlé dans une certaine mesure. Mais, chez lui, comme la mauvaise humeur ne perd jamais ses droits, il ne peut retenir cette réflexion:

«Après tout, au prix où sont les choses dans votre île, si l'on paye vingt-cinq francs un perdreau, on paie sans doute cent francs une paire de gants, et cinq cents francs une paire de bottes?…

— Oh! monsieur Zorn, la Compagnie ne s'arrête pas à ces bagatelles, s'écrie Calistus Munbar, et elle désire que les artistes du Quatuor Concertant soient défrayés de tout pendant leur séjour sur son domaine!»

À ces offres généreuses, que répondre, si ce n'est en apposant les signatures sur l'engagement?

C'est ce que font Frascolin, Pinchinat et Yvernès. Sébastien Zorn murmure bien que tout cela est absurde… S'embarquer sur une île à hélice, cela n'a pas de bon sens… On verra comment cela finira… Enfin il se décide à signer.

Et, cette formalité remplie, si Frascolin, Pinchinat et Yvernès ne baisent pas la main de Calistus Munbar, du moins la lui serrent- ils affectueusement. Quatre poignées de main à un million chacune!

Et voilà comme quoi le Quatuor Concertant est lancé dans une aventure invraisemblable, et en quelles circonstances ses membres sont devenus les invités inviti de Standard-Island.

VII — Cap a l'ouest