Tandis que Sébastien Zorn peste, en palpant l'étui de son violoncelle pour s'assurer qu'il est sain et sauf, Frascolin s'approche du conducteur:

«Eh bien, mon ami, lui demande-t-il, qu'allons-nous faire, s'il vous plaît?

— Ce que l'on fait, répond l'homme, quand on n'a plus ni chevaux ni voiture… attendre…

— Attendre qu'il en vienne! s'écrie Pinchinat. Et s'il n'en doit pas venir…

— On en cherche, observe Frascolin, que son esprit pratique n'abandonne jamais.

— Où?… rugit Sébastien Zorn, qui se démenait fiévreusement sur la route.

— Où il y en a! réplique le conducteur.

— Hé! dites donc, l'homme au coach, reprend le violoncelliste d'une voix qui monte peu à peu vers les hauts registres, est-ce que c'est répondre, cela! Comment… voilà un maladroit qui nous verse, brise sa voiture, estropie son attelage, et il se contente de dire: «Tirez-vous delà comme vous pourrez!…»

Entraîné par sa loquacité naturelle, Sébastien Zorn commence à se répandre en une interminable série d'objurgations à tout le moins inutiles, lorsque Frascolin l'interrompt par ces mots:

«Laisse-moi faire, mon vieux Zorn.» Puis, s'adressant de nouveau au conducteur: «Où sommes-nous, mon ami?…