— Et pour rencontrer ce village, il n'y a qu'à suivre la grande route?…

— Tout droit.

— Partons! clame le violoncelliste.

— Mais, ce brave homme, il serait cruel de l'abandonner là… en détresse, fait observer Pinchinat. Voyons, mon ami, ne pourriez- vous pas… en vous aidant…

— Impossible! répond le conducteur. D'ailleurs, je préfère rester ici… avec mon coach… Quand le jour sera revenu, je verrai à me sortir de là…

— Une fois à Freschal, reprend Frascolin, nous pourrions vous envoyer du secours…

— Oui… l'aubergiste me connaît bien, et il ne me laissera pas dans l'embarras…

— Partons-nous?… s'écrie le violoncelliste, qui vient de redresser l'étui de son instrument.

— À l'instant, réplique Pinchinat. Auparavant, un coup de main pour déposer notre conducteur le long du talus…»

En effet, il convient de le tirer hors de la route, et, comme il ne peut se servir de ses jambes fort endommagées, Pinchinat et Frascolin le soulèvent, le transportent, l'adossent contre les racines d'un gros arbre dont les basses branches forment en retombant un berceau de verdure.