— Oui, répondit Pencroff, et notre brave chien aboie même avec fureur!
— Nous avons nos épieux ferrés, dit Cyrus Smith. Tenons-nous sur nos gardes, et en avant!
— Cela est de plus en plus intéressant», murmura Gédéon Spilett à l'oreille du marin, qui fit un signe affirmatif.
Cyrus Smith et ses compagnons se précipitèrent pour se porter au secours du chien. Les aboiements de Top devenaient de plus en plus perceptibles. On sentait dans sa voix saccadée une rage étrange.
Était-il donc aux prises avec quelque animal dont il avait troublé la retraite? On peut dire que, sans songer au danger auquel ils s'exposaient, les colons se sentaient maintenant pris d'une irrésistible curiosité. Ils ne descendaient plus le couloir, ils se laissaient pour ainsi dire glisser sur sa paroi, et, en quelques minutes, soixante pieds plus bas, ils eurent rejoint Top.
Là, le couloir aboutissait à une vaste et magnifique caverne. Là, Top, allant et venant, aboyait avec fureur. Pencroff et Nab, secouant leurs torches, jetèrent de grands éclats de lumière à toutes les aspérités du granit, et, en même temps, Cyrus Smith, Gédéon Spilett, Harbert, l'épieu dressé, se tinrent prêts à tout événement.
L'énorme caverne était vide. Les colons la parcoururent en tous sens. Il n'y avait rien, pas un animal, pas un être vivant! Et, cependant, Top continuait d'aboyer. Ni les caresses, ni les menaces ne purent le faire taire.
«Il doit y avoir quelque part une issue par laquelle les eaux du lac s'en allaient à la mer, dit l'ingénieur.
— En effet, répondit Pencroff, et prenons garde de tomber dans un trou.
— Va, Top, va!» cria Cyrus Smith.