— Et à quoi donc?

— À assainir le pays qu'ils habitent. — savez-vous comment on les appelle dans l'Australie et la Nouvelle-Zélande?

— Non, Monsieur Cyrus.

— On les appelle les «arbres à fièvre.»

— Parce qu'ils la donnent?

— Non, parce qu'ils l'empêchent!

— Bien. Je vais noter cela, dit le reporter.

— Notez donc, mon cher Spilett, car il paraît prouvé que la présence des eucalyptus suffit à neutraliser les miasmes paludéens. On a essayé de ce préservatif naturel dans certaines contrées du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique, dont le sol était absolument malsain, et qui ont vu l'état sanitaire de leurs habitants s'améliorer peu à peu. Plus de fièvres intermittentes dans les régions que recouvrent les forêts de ces myrtacées. Ce fait est maintenant hors de doute, et c'est une heureuse circonstance pour nous autres, colons de l'île Lincoln.

— Ah! Quelle île! Quelle île bénie! s'écria Pencroff! Je vous le dis, il ne lui manque rien... Si ce n'est...

— Cela viendra, Pencroff, cela se trouvera, répondit l'ingénieur; mais reprenons notre navigation, et poussons aussi loin que la rivière pourra porter notre pirogue!»