Cyrus Smith regardait en silence.
«Eh bien, Monsieur Cyrus, demanda Pencroff, que dites-vous de notre bateau?
— Il paraît se bien comporter, répondit l'ingénieur.
— Bon! Et croyez-vous, à présent, qu'il pourrait entreprendre un voyage de quelque durée?
— Quel voyage, Pencroff?
— Celui de l'île Tabor, par exemple?
— Mon ami, répondit Cyrus Smith, je crois que, dans un cas pressant, il ne faudrait pas hésiter à se confier au Bonadventure, même pour une traversée plus longue; mais, vous le savez, je vous verrais partir avec peine pour l'île Tabor, puisque rien ne vous oblige à y aller.
— On aime à connaître ses voisins, répondit Pencroff, qui s'entêtait dans son idée. L'île Tabor, c'est notre voisine, et c'est la seule! La politesse veut qu'on aille, au moins, lui faire une visite!
— Diable! fit Gédéon Spilett, notre ami Pencroff est à cheval sur les convenances!
— Je ne suis à cheval sur rien du tout, riposta le marin, que l'opposition de l'ingénieur vexait un peu, mais qui n'aurait pas voulu lui causer quelque peine.