Les grandes chaleurs de l'été se terminèrent avec le mois de mars. Le temps fut quelquefois pluvieux, mais l'atmosphère était chaude encore. Ce mois de mars, qui correspond au mois de septembre des latitudes boréales, ne fut pas aussi beau qu'on aurait pu l'espérer. Peut-être annonçait-il un hiver précoce et rigoureux.

On put même croire, un matin, — le 21, — que les premières neiges avaient fait leur apparition. En effet, Harbert, s'étant mis de bonne heure à l'une des fenêtres de Granite-House, s'écria:

«Tiens! L'îlot est couvert de neige!

— De la neige à cette époque?» répondit le reporter, qui avait rejoint le jeune garçon.

Leurs compagnons furent bientôt près d'eux, et ils ne purent constater qu'une chose, c'est que non seulement l'îlot, mais toute la grève, au bas de Granite-House, était couverte d'une couche blanche, uniformément répandue sur le sol.

«C'est bien de la neige! dit Pencroff.

— Ou cela lui ressemble beaucoup! répondit Nab.

— Mais le thermomètre marque cinquante-huit degrés (14 centigrades au-dessus de zéro)!» fit observer Gédéon Spilett.

Cyrus Smith regardait la nappe blanche sans se prononcer, car il ne savait vraiment pas comment expliquer ce phénomène, à cette époque de l'année et par une telle température.

«Mille diables! s'écria Pencroff, nos plantations vont être gelées!»