— Et que l'on peut bien aller aux Pomotou, ajouta Harbert, quand on est allé à l'île Tabor!
— Je ne dis pas non, répondit Pencroff, qui avait toujours voix prépondérante dans les questions maritimes, je ne dis pas non, quoique ce ne soit pas tout à fait la même chose d'aller près et d'aller loin! Si notre chaloupe avait été menacée de quelque mauvais coup de vent pendant le voyage à l'île Tabor, nous savions que le port n'était éloigné ni d'un côté ni de l'autre; mais douze cents milles à franchir, c'est un joli bout de chemin, et la terre la plus rapprochée est au moins à cette distance!
— Est-ce que, le cas échéant, Pencroff, vous ne tenteriez pas l'aventure? demanda le reporter.
— Je tenterai tout ce que l'on voudra, Monsieur Spilett, répondit le marin, et vous savez bien que je ne suis point homme à reculer!
— Remarque, d'ailleurs, que nous comptons un marin de plus parmi nous, fit observer Nab.
— Qui donc? demanda Pencroff.
— Ayrton.
— C'est juste, répondit Harbert.
— S'il consentait à venir! fit observer Pencroff.
— Bon! dit le reporter, croyez-vous donc que si le yacht de lord Glenarvan se fût présenté à l'île Tabor pendant qu'il l'habitait encore, Ayrton aurait refusé de partir?