— D'autant plus que c'est aujourd'hui pleine lune, fit observer Harbert, et que ces marées d'avril sont très fortes.

— Eh bien, Pencroff, demanda Cyrus Smith, ne pouvez-vous mouiller à la pointe du cap?

— Mouiller près de terre, avec du mauvais temps en perspective! s'écria le marin. Y pensez-vous, Monsieur Cyrus? Ce serait vouloir se mettre volontairement à la côte!

— Alors, que ferez-vous?

— J'essayerai de tenir le large jusqu'au flot, c'est-à-dire jusqu'à sept heures du soir, et s'il fait encore un peu jour, je tenterai d'entrer dans le golfe; sinon, nous resterons à courir bord sur bord pendant toute la nuit, et nous entrerons demain au soleil levant.

— Je vous l'ai dit, Pencroff, nous nous en rapportons à vous, répondit Cyrus Smith.

— Ah! fit Pencroff, s'il y avait seulement un phare sur cette côte, ce serait plus commode pour les navigateurs!

— Oui, répondit Harbert, et cette fois-ci, nous n'aurons pas d'ingénieur complaisant qui nous allume un feu pour nous guider au port!

— Tiens, au fait, mon cher Cyrus, dit Gédéon Spilett, nous ne vous avons jamais remercié; mais franchement, sans ce feu, nous n'aurions jamais pu atteindre...

— Un feu...? demanda Cyrus Smith, très étonné des paroles du reporter.