Pencroff était devenu un vrai fermier, attaché de cœur à ses récoltes. Mais il faut dire qu'Harbert était plus que tous impatient de retourner à Granite-House, car il savait combien la présence des colons y était nécessaire. Et c'était lui qui les retenait au corral! Aussi cette idée unique occupait-elle son esprit: quitter le corral, le quitter quand même! Il croyait pouvoir supporter le transport à Granite-House. Il assurait que les forces lui reviendraient plus vite dans sa chambre, avec l'air et la vue de la mer!
Plusieurs fois il pressa Gédéon Spilett, mais celui-ci, craignant, avec raison, que les plaies d'Harbert, mal cicatrisées, ne se rouvrissent en route, ne donnait pas l'ordre de partir.
Cependant, un incident se produisit, qui entraîna Cyrus Smith et ses deux amis à céder aux désirs du jeune garçon, et dieu sait ce que cette détermination pouvait leur causer de douleurs et de remords!
On était au 29 novembre. Il était sept heures du matin. Les trois colons causaient dans la chambre d'Harbert, quand ils entendirent Top pousser de vifs aboiements.
Cyrus Smith, Pencroff et Gédéon Spilett saisirent leurs fusils, toujours prêts à faire feu, et ils sortirent de la maison.
Top, ayant couru au pied de l'enceinte palissadée, sautait, aboyait, mais c'était contentement, non colère.
«Quelqu'un vient!
— Oui!
— Ce n'est pas un ennemi!
— Nab, peut-être?