«Les armes sont-elles prêtes?» demanda Cyrus Smith.
Elles l'étaient. L'ingénieur et Pencroff, armés chacun d'un fusil à deux coups, et Gédéon Spilett, tenant sa carabine, n'avaient plus qu'à partir.
«Es-tu bien, Harbert? demanda l'ingénieur.
— Ah! Monsieur Cyrus, répondit le jeune garçon, soyez tranquille, je ne mourrai pas en route!»
En parlant ainsi, on voyait que le pauvre enfant faisait appel à toute son énergie, et que, par une suprême volonté, il retenait ses forces prêtes à s'éteindre.
L'ingénieur sentit son cœur se serrer douloureusement.
Il hésita encore à donner le signal du départ. Mais c'eût été désespérer Harbert, le tuer peut-être.
«En route!» dit Cyrus Smith.
La porte du corral fut ouverte. Jup et Top, qui savaient se taire à propos, se précipitèrent en avant. Le chariot sortit, la porte fut refermée, et l'onagga, dirigé par Pencroff, s'avança d'un pas lent.
Certes, mieux aurait valu prendre une route autre que celle qui allait directement du corral à Granite-House, mais le chariot eût éprouvé de grandes difficultés à se mouvoir sous bois. Il fallut donc suivre cette voie, bien qu'elle dût être connue des convicts.