— Le Bonadventure! s'écria Ayrton... il n'existe plus.
— Mon Bonadventure n'existe plus! hurla Pencroff en bondissant.
— Non! répondit Ayrton. Les convicts l'ont découvert dans son petit port, il y a huit jours à peine, ils ont pris la mer, et...
— Et? fit Pencroff, dont le cœur palpitait.
— Et, n'ayant plus Bob Harvey pour manœuvrer, ils se sont échoués sur les roches, et l'embarcation a été entièrement brisée!
— Ah! Les misérables! Les bandits! Les infâmes coquins! s'écria Pencroff.
— Pencroff, dit Harbert, en prenant la main du marin, nous ferons un autre Bonadventure, un plus grand! Nous avons toutes les ferrures, tout le gréement du brick à notre disposition!
— Mais savez-vous, répondit Pencroff, qu'il faut au moins cinq à six mois pour construire une embarcation de trente à quarante tonneaux?
— Nous prendrons notre temps, répondit le reporter, et nous renoncerons pour cette année à faire la traversée de l'île Tabor.
— Que voulez-vous, Pencroff, il faut bien se résigner, dit l'ingénieur, et j'espère que ce retard ne nous sera pas préjudiciable.