«Et j'aimerais mieux que cela fût! Se dit Cyrus Smith. Au moins je serais certain que les laves ont repris leur route accoutumée. Qui sait si elles ne se déverseront pas par quelque nouvelle bouche? Mais là n'est pas le danger! Le capitaine Nemo l'a bien pressenti! Non! Le danger n'est pas là!»
Cyrus Smith s'avança jusqu'à l'énorme chaussée dont le prolongement encadrait l'étroit golfe du requin. Il put donc examiner suffisamment de ce côté les anciennes zébrures des laves. Il n'y avait pas doute pour lui que la dernière éruption ne remontât à une époque très éloignée.
Alors il revint sur ses pas, prêtant l'oreille aux roulements souterrains qui se propageaient comme un tonnerre continu, et sur lequel se détachaient d'éclatantes détonations. À neuf heures du matin, il était de retour au corral.
Ayrton l'attendait.
«Les animaux sont pourvus, Monsieur Smith, dit Ayrton.
— Bien, Ayrton.
— Ils semblent inquiets, Monsieur Smith.
— Oui, l'instinct parle en eux, et l'instinct ne trompe pas.
— Quand vous voudrez...
— Prenez un fanal et un briquet, Ayrton, répondit l'ingénieur, et partons.»