L'ingénieur, après avoir exploré la muraille suivant une ligne horizontale, fixa le fanal à l'extrémité d'un aviron, et il le promena de nouveau à une plus grande hauteur sur la paroi basaltique.
Là, par des fentes à peine visibles, à travers les prismes mal joints, transpirait une fumée âcre, qui infectait l'atmosphère de la caverne. Des fractures zébraient la muraille, et quelques-unes, plus vivement dessinées, s'abaissaient jusqu'à deux ou trois pieds seulement des eaux de la crypte.
Cyrus Smith resta d'abord pensif. Puis, il murmura encore ces paroles:
«Oui! Le capitaine avait raison! Là est le danger, et un danger terrible!»
Ayrton ne dit rien, mais, sur un signe de Cyrus Smith, il reprit ses avirons, et, une demi-heure après, l'ingénieur et lui sortaient de la crypte Dakkar.
CHAPITRE XIX
Le lendemain matin, 8 janvier, après une journée et une nuit passées au corral, toutes choses étant en état, Cyrus Smith et Ayrton rentraient à Granite-House. Aussitôt, l'ingénieur rassembla ses compagnons, et il leur apprit que l'île Lincoln courait un immense danger, qu'aucune puissance humaine ne pouvait conjurer.
«Mes amis, dit-il, — et sa voix décelait une émotion profonde, — l'île Lincoln n'est pas de celles qui doivent durer autant que le globe lui-même. Elle est vouée à une destruction plus ou moins prochaine, dont la cause est en elle, et à laquelle rien ne pourra la soustraire!»
Les colons se regardèrent et regardèrent l'ingénieur.
Ils ne pouvaient le comprendre.