— Il flambera, puisque mon maître l'a dit!

— Nous verrons!»

Cependant, le soleil n'avait pas encore atteint le plus haut point de sa course au-dessus de l'horizon.

L'exploration continua donc, et fut utilement marquée par la découverte qu'Harbert fit d'un arbre dont les fruits étaient comestibles. C'était le pin pigeon, qui produit une amande excellente, très estimée dans les régions tempérées de l'Amérique et de l'Europe. Ces amandes étaient dans un parfait état de maturité, et Harbert les signala à ses deux compagnons, qui s'en régalèrent.

«Allons, dit Pencroff, des algues en guise de pain, des moules crues en guise de chair, et des amandes pour dessert, voilà bien le dîner de gens qui n'ont plus une seule allumette dans leur poche!

— Il ne faut pas se plaindre, répondit Harbert.

— Je ne me plains pas, mon garçon, répondit Pencroff. Seulement, je répète que la viande est un peu trop économisée dans ce genre de repas!

— Top a vu quelque chose!...» s'écria Nab, qui courut vers un fourré au milieu duquel le chien avait disparu en aboyant.

Aux aboiements de Top se mêlaient des grognements singuliers.

Le marin et Harbert avaient suivi Nab. S'il y avait là quelque gibier, ce n'était pas le moment de discuter comment on pourrait le faire cuire, mais bien comment on pourrait s'en emparer.