—Qu'on les dételle!...» dit le voyageur d'un ton qui n'admettait pas de réplique.

Michel Strogoff s'avança alors.

«Ces chevaux sont retenus par moi, dit-il.

—Peu m'importe! Il me les faut. Allons! Vivement! Je n'ai pas de temps à perdre!

—Je n'ai pas de temps à perdre non plus,» répondit Michel Strogoff, qui voulait être calme et se contenait non sans peine.

Nadia était près de lui, calme aussi, mais secrètement inquiète d'une scène qu'il eût mieux valu éviter.

«Assez!» répéta le voyageur.

Puis, allant au maître de poste:

«Qu'on dételle ce tarentass, s'écria-t-il avec un geste de menace, et que les chevaux soient mis à ma berline!»

Le maître de poste, très-embarrassé, ne savait à qui obéir, et il regardait Michel Strogoff, dont c'était évidemment le droit de résister aux injustes exigences du voyageur.