Une seule personne se trouvait dans la salle où se faisaient les transmissions télégraphiques.
C'était un employé, calme, flegmatique, indifférent à ce qui se passait au dehors. Fidèle à son poste, il attendait derrière son guichet que le public vint réclamer ses services.
Michel Strogoff courut à lui, et d'une voix brisée par la fatigue:
«Que savez-vous? lui demanda-t-il.
—Rien, répondit l'employé en souriant.
—Ce sont les Russes et les Tartares qui sont aux prises?
—On le dit.
—Mais quels sont les vainqueurs?
—Je l'ignore.»
Tant de placidité au milieu de ces terribles conjonctures, tant d'indifférence même étaient à peine croyables.