Sangarre ne le connaissait pas, mais elle savait qu'il était là! Elle ne chercha donc pas à le découvrir, ce qui eût été impossible dans l'ombre et au milieu de cette nombreuse foule.
Quant à espionner de nouveau Nadia et Marfa Strogoff, c'était également inutile. Il était évident que ces deux femmes se tiendraient sur leurs gardes, et il serait impossible de rien surprendre qui fût de nature à compromettre le courrier du czar.
La tsigane n'eut donc plus qu'une pensée: prévenir Ivan Ogareff. Elle quitta donc aussitôt le campement.
Un quart d'heure après, elle arrivait à Zabédiero et était introduite dans la maison qu'occupait le lieutenant de l'émir.
Ivan Ogareff reçut immédiatement la tsigane.
«Que me veux-tu, Sangarre? lui demanda-t-il.
—Le fils de Marfa Strogoff est au campement, répondit Sangarre.
—Prisonnier?
—Prisonnier!
—Ah! s'écria Ivan Ogareff, je saurai....