—Lui-même!» dit Michel Strogoff.

Et, levant le knout, il en déchira la figure d'Ivan Ogareff.

«Coup pour coup! dit-il.

—Bien rendu!» s'écria la voix d'un spectateur, qui se perdit heureusement dans le tumulte.

Vingt soldats se jetèrent sur Michel Strogoff, et ils allaient le tuer....

Mais, Ivan Ogareff, auquel un cri de rage et de douleur avait échappé, les arrêta d'un geste.

«Cet homme est réservé à la justice de l'émir! dit-il. Qu'on le fouille!»

La lettre aux armes impériales fut trouvée sur la poitrine de Michel Strogoff, qui n'avait pas eu le temps de la détruire, et on la remit à Ivan Ogareff.

Le spectateur qui avait prononcé ces mots: «Bien rendu!» n'était autre qu'Alcide Jolivet. Son confrère et lui, s'étant arrêtés au camp de Zabédiero, assistaient à cette scène.

«Pardieu! dit-il à Harry Blount, ces gens du Nord sont de rudes hommes! Avouez que nous devons une réparation à notre compagnon de route! Korpanoff ou Strogoff se valent! Belle revanche de l'affaire d'Ichim!