Après une halte convenable, la route fut reprise dans l'après-dînée du 8 septembre. La distance jusqu'à Irkoutsk n'était plus que de cinq cents verstes. Rien en arrière ne signalait l'avant-garde tartare. Michel Strogoff était donc fondé à penser que son voyage ne serait plus entravé, et que dans huit jours, dans dix au plus, il serait en présence du grand-duc.

En sortant de Biriousinsk, un lièvre vint à traverser le chemin, à trente pas en avant de la kibitka.

«Ah! fit Nicolas.

—Qu'as-tu, ami? demanda vivement Michel Strogoff, comme un aveugle que le moindre bruit tient en éveil.

—Tu n'as pas vu?....» dit Nicolas, dont la souriante figure s'était subitement assombrie.

Puis il ajouta:

«Ah! non! tu n'as pu voir, et c'est heureux pour toi, petit père!

—Mais je n'ai rien vu, dit Nadia.

—Tant mieux! tant mieux! Mais moi... j'ai vu!....

—Qu'était-ce donc? demanda Michel Strogoff.