—Michel Strogoff, reprit alors le czar, en remettant le pli au jeune courrier, prends donc cette lettre, de laquelle dépend le salut de toute la Sibérie et peut-être la vie du grand-duc mon frère.

—Cette lettre sera remise à Son Altesse le grand-duc.

—Ainsi tu passeras quand même?

Je passerai, ou l'on me tuera.

—J'ai besoin que tu vives!

—Je vivrai et je passerai,» répondit Michel Strogoff. Le czar parut satisfait de l'assurance simple et calme avec laquelle Michel Strogoff lui avait répondu.

«Va donc, Michel Strogoff, dit-il, va pour Dieu, pour la Russie, pour mon frère et pour moi!»

Michel Strogoff salua militairement, quitta aussitôt le cabinet impérial, et, quelques instants après, le Palais-Neuf.

«Je crois que tu as eu la main heureuse, général, dit le czar.

—Je le crois, sire, répondit le général Kissoff, et Votre Majesté peut être assurée que Michel Strogoff fera tout ce que peut faire un homme.