En entendant prononcer son nom, le misérable frémit. Son vrai nom connu, tous ses plans échouaient. Il n'avait qu'une chose à faire: tuer l'être, quel qu'il fût, qui venait de le prononcer.
Ivan Ogareff se jeta sur Nadia; mais la jeune fille, un couteau à la main, s'adossa au mur, décidée à se défendre.
«Ivan Ogareff! cria encore Nadia, sachant bien que ce nom détesté ferait venir à son secours.
—Ah! tu te tairas! dit le traître.
—Ivan Ogareff!» cria une troisième fois l'intrépide jeune fille, et d'une voix dont la haine avait décuplé la force.
Ivre de fureur, Ivan Ogareff tira un poignard de sa ceinture, s'élança sur Nadia et l'accula dans un angle de la salle.
C'en était fait d'elle, lorsque le misérable, soulevé soudain par une force irrésistible, alla rouler à terre.
«Michel!» s'écria Nadia.
C'était Michel Strogoff.
Michel Strogoff avait entendu l'appel de Nadia. Guidé par sa voix, il était arrivé jusqu'à la chambre d'Ivan Ogareff et il était entré par la porte demeurée ouverte.