—Nadia, je sais que tu es décidée à tout braver, mais, en nous compromettant tous deux, je risquerais plus que ma vie, plus que la tienne, je manquerais à la tâche, au devoir que j'ai avant tout à accomplir!
—Un devoir!...» murmura Nadia.
En ce moment, un violent éclair déchira le ciel, et sembla, pour ainsi dire, volatiliser la pluie. Aussitôt un coup sec retentit. L'air fut rempli d'une odeur sulfureuse, presque asphyxiante, et un bouquet de grands pins, frappé par le fluide électrique à vingt pas du tarentass, s'enflamma comme une torche gigantesque.
L'iemschik, jeté à terre par une sorte de choc en retour, se releva heureusement sans blessures.
Puis, après que les derniers roulements du tonnerre se furent perdus dans les profondeurs de la montagne, Michel Strogoff sentit la main de Nadia s'appuyer fortement sur la sienne, et il l'entendit murmurer ces mots à son oreille:
«Des cris, frère! Écoute!»
CHAPITRE XI
VOYAGEURS EN DÉTRESSE.
En effet, pendant cette courte accalmie, des cris se faisaient entendre vers la partie supérieure de la route, et à une distance assez rapprochée de l'anfractuosité qui abritait le tarentass.
C'était comme un appel désespéré, évidemment jeté par quelque voyageur en détresse.
Michel Strogoff, prêtant l'oreille, écoutait.