— Eh bien, j'étais parmi ces prisonniers.
— Vous?
— Moi!»
Un nouveau murmure, plus désapprobateur encore, accueillit cette déclaration si inattendue.
«Donc, reprit Texar, puisque ces prisonniers ont été gardés à vue du 2 au 4 mars, et que l'envahissement de la plantation comme l'enlèvement qui m'est reproché, ont eu lieu dans la nuit du 3 mars, il est matériellement impossible que j'en sois l'auteur. Donc, Alice Stannard ne peut avoir entendu Zermah crier mon nom. Donc, elle ne peut m'avoir vu sur l'embarcation qui s'éloignait de la crique Marino, puisque, en ce moment, j'étais détenu par les autorités fédérales!
— Cela est faux! s'écria James Burbank. Cela ne peut pas être!…
— Et moi, ajouta Miss Alice, je jure que j'ai vu cet homme, et que je l'ai reconnu!
— Consultez les pièces», se contenta de répondre Texar.
Le colonel Gardner fit chercher parmi les pièces, mises à la disposition du commodore Dupont à Saint-Augustine, celle qui concernait les prisonniers faits le jour de la prise de Fernandina dans le train de Cedar-Keys. On la lui apporta, et il dut constater, en effet, que le nom de Texar s'y trouvait avec son signalement.
Il n'y avait donc plus de doute. L'Espagnol ne pouvait être accusé de ce rapt. Miss Alice se trompait, en affirmant le reconnaître. Il n'avait pu être, ce soir-là, à la crique Marino. Son absence de Jacksonville, pendant quarante-huit heures, s'expliquait tout naturellement: il était alors prisonnier à bord de l'un des bâtiments de l'escadre.