— Il le fallait.

— Nous ne devions jamais nous rencontrer, tu le sais, que dans le marais de la Crique-Noire, et seulement lorsque quelques lignes de toi m'en donnaient avis!

— Je te le répète, il m'a fallu partir précipitamment et me réfugier aux Everglades.

— Pourquoi?

— Tu vas l'apprendre.

— Ne risques-tu pas de nous compromettre?…

— Non! Je suis arrivé de nuit, et aucun de tes esclaves n'a pu me voir.»

Si, jusqu'alors, Zermah ne comprenait rien à cette conversation, elle ne devinait pas, non plus, qui pouvait être cet hôte inattendu du wigwam. Il y avait là certainement deux hommes qui parlaient, et il semblait, cependant, que ce fût un seul homme qui fit demandes et réponses. Même inflexion de la voix, même sonorité. On eût dit que toutes ces paroles sortaient de la même bouche. Zermah essayait vainement de regarder à travers quelque interstice de la porte. La chambre, faiblement éclairée, restait dans une demi-ombre qui ne permettait pas de distinguer le moindre objet. La métisse dut donc se borner à surprendre le plus possible de cette conversation qui pouvait être d'une extrême importance pour elle.

Après un moment de silence, les deux hommes avaient continué comme il suit. Évidemment, ce fut Texar qui posa cette question:

«Tu n'es pas venu seul?