La nuit s'écoula. Vainement Zermah avait-elle essayé de tirer une indication de tous les bruits qui se produisaient sur l'île, et toujours avec la pensée que la troupe du capitaine Howick allait peut-être arriver pour s'emparer de Texar.
Quelques instants avant le lever du jour, la petite fille, un peu reposée, se réveilla. Zermah lui donna quelques gouttes d'eau qui la rafraîchirent. Puis, la regardant comme si ses yeux ne devaient bientôt plus la voir, elle la serra contre sa poitrine. Si, en ce moment, on fût entré pour l'en séparer, elle se serait défendue avec la fureur d'une bête fauve que l'on veut éloigner de ses petits.
«Qu'as-tu, bonne Zermah? demanda l'enfant.
— Rien… rien! murmura la métisse.
— Et maman… quand la reverrons-nous?
— Bientôt… répondit Zermah. Aujourd'hui peut-être!… Oui, ma chérie!… Aujourd'hui j'espère que nous serons loin…
— Et ces hommes que j'ai vus, cette nuit?…
— Ces hommes, répondit Zermah, tu les as bien regardés?…
— Oui… et ils m'ont fait peur!
— Mais tu les as bien vus, n'est-ce pas?… Tu as remarqué comme ils se ressemblaient?…