Ce qu'il y avait de gamins devant le porche. ([Page 167.])
Inutile d'ajouter que le carnet de P'tit-Bonhomme portait exactement toutes ces plantureuses choses sur la colonne de sortie et que sa comptabilité était en règle. Il pouvait donc manger en conscience, boire aussi. D'ailleurs, il y avait là de solides gaillards qui prêchaient d'exemple, de ces estomacs vigoureux que la provenance des mets n'inquiète guère, pourvu qu'ils soient abondants. Non! rien ne resta de ce déjeuner dînatoire, ni des trois services, ni du dessert, bien que le plum-pudding au riz fût énorme, et qu'il y eût une tarte aux groseilles par personne avec des bottes de céleris crus.
Son poignet sur la barre. ([Page 172.])
Et le vin de gingembre, et le stout, et le porter, et le soda, et l'usquebaugh qui est une sorte de wiskey, et le brandy, et le gin, et le grog préparé suivant la fameuse recette: hot, strong and plenty, «chaud, fort et beaucoup». Il y avait de quoi faire rouler sous la table les plus endurcis buveurs de la province. Aussi, vers la fin du repas qui dura trois heures, les yeux étaient-ils allumés comme des braises, les pommettes rouges comme des charbons ardents. Sans doute, on était sobre dans la famille Mac Carthy... On n'y fréquentait pas les «cabarets d'éther» réservés aux catholiques, par dédain des «cabarets d'alcool» réservés aux protestants. D'ailleurs, n'y a-t-il pas des indulgences un jour de baptême, et le curé n'était-il pas là pour absoudre les pécheurs?
Cependant M. Martin ne laissait pas de surveiller ses convives, et il trouva un auxiliaire assez inattendu dans son second fils Pat qui s'était modéré, tandis que son frère Sim était un peu parti pour le pays des têtes à l'envers.
Et, comme un gros fermier des environs s'étonnait qu'un matelot fût aussi réservé sur la boisson: