Le fauteuil de Grand'mère était placé devant l'âtre, où P'tit-Bonhomme entretenait un bon feu de tourbe et de bois. De temps en temps, il se levait, il allait voir si sa filleule ne s'éveillait point, s'inquiétant du moindre mouvement qu'elle faisait, prêt à lui donner un peu de lait tiède, ou même à la rendormir en balançant doucement son berceau.

Grand'mère, tourmentée par l'inquiétude, prêtait l'oreille à tous les bruits du dehors, grésillement des neiges qui se durcissaient sur le chaume, gémissement des ais qui craquaient sous les piqûres du froid.

«Tu n'entends rien, P'tit-Bonhomme? disait-elle.

—Non, Grand'mère!»

Et, après avoir égratigné les vitres zébrées de givre, il essayait de jeter un regard à travers la fenêtre qui donnait sur la cour toute blanche.

Vers midi et demi, la petite fille poussa un léger cri. P'tit-Bonhomme se rendit près d'elle. Comme elle n'avait pas ouvert les yeux, il se contenta de la bercer pendant quelques instants, et le sommeil la reprit.

Il se disposait à retourner près de la vieille femme qu'il ne voulait pas laisser seule, lorsqu'un bruissement se fit entendre à l'extérieur. Il écouta avec plus d'attention. Ce n'était qu'une sorte de grattement qui lui parut venir de l'étable contiguë à la chambre de Murdock. Toutefois, celle-ci en étant séparée par un mur plein, il ne se préoccupa pas autrement de ce bruit. Quelques rats, sans doute, qui couraient entre les bottes de litière. Quant à la fenêtre, elle était fermée, et il n'y avait rien à craindre.

P'tit-Bonhomme, ayant eu soin de repousser la porte qui séparait les deux chambres, s'empressa de rentrer.

«Et Jenny? demanda Grand'mère.

—Elle s'est rendormie.