P'tit-Bonhomme l'attendait de pied ferme. ([Page 194.])

Se mettre à la poursuite du loup, son couteau à la main, P'tit-Bonhomme n'hésita pas à le faire, appelant au secours d'une voix désespérée. Mais qui aurait pu l'entendre, qui aurait pu lui venir en aide? Et si le féroce animal se retournait contre lui?... Est-ce qu'il songeait à cela?... Est-ce qu'il se disait qu'il risquait sa vie?... Non! il ne voyait que l'enfant emporté par cette énorme bête...

Le loup détalait rapidement, tant ce berceau, qu'il tirait par une des cordes, lui pesait peu. P'tit-Bonhomme dut courir pendant une centaine de pas avant de l'atteindre. Après avoir contourné les murs de la ferme, le loup s'était élancé sur la grande route, et il la remontait vers Tralee, lorsqu'il fut rejoint par P'tit-Bonhomme.

Le loup s'arrêta, et, lâchant le berceau, se précipita sur le jeune garçon.

Celui-ci l'attendit de pied ferme, la main tendue, et au moment où l'animal lui sautait à la gorge, il lui enfonça son couteau dans le flanc. Mais ce ne fut pas sans que le loup l'eût mordu au bras, et cette morsure fut si douloureuse qu'il tomba inanimé sur la neige.

Par bonne chance, avant qu'il eût perdu connaissance, des aboiements se firent entendre...

C'était Birk. Il accourait, il se jeta sur le loup, qui se hâta de prendre la fuite.

Presque aussitôt apparaissaient Martin Mac Carthy et Murdock, que Sim, Martine et Kitty venaient de rencontrer enfin à deux milles de là.