Et il tendait ses bras vers la fermière.

«C'est un enfant abandonné,» dit l'homme.

Si P'tit-Bonhomme avait porté ses beaux habits, le fermier en eût inféré que c'était un enfant égaré, et il aurait fait le nécessaire pour le ramener à sa famille. Mais avec les haillons de Sib, ce ne devait être qu'un de ces petits misérables qui n'appartiennent à personne...

«Viens donc», conclut le fermier.

Et, l'enlevant, il le mit entre les bras de sa femme, disant d'une voix rassurante:

«Un mioche de plus à la ferme, il n'y paraîtra guère, n'est-ce pas, Martine?

—Non, Martin!»

Et Martine essuya d'un bon baiser les grosses larmes de P'tit-Bonhomme.


VIII
LA FERME DE KERWAN.