Alors, à travers les hauteurs du ciel parisien, monta un immense hurrah de la foule, grande encore sur les boulevards, — hurrah de stupéfaction qui s’adressait au fantaisiste météore.
Soudain, les fanaux de l’aéronef s’éteignirent, l’ombre se refit autour de lui en même temps que le silence, et la route fut reprise avec une vitesse de deux cents kilomètres à l’heure.
C’était tout ce qu’on devait voir de la capitale de la France.
A quatre heures du matin, l’Albatros avait traversé obliquement tout le territoire. Puis, afin de ne pas perdre de temps à franchir les Pyrénées ou les Alpes, il se glissa à la surface de la Provence jusqu’à la pointe du cap d’Antibes. A neuf heures, les San-Pietrini, assemblés sur la terrasse de Saint-Pierre de Rome, restaient ébahis en le voyant passer au-dessus de la Ville éternelle. Deux heures après, dominant la baie de Naples, il se balançait un instant au milieu des volutes fuligineuses du Vésuve. Enfin, après avoir coupé la Méditerranée d’un vol oblique, dès la première heure de l’après-midi, il était signalé par les vigies de la Goulette, sur la côte tunisienne.
Après l’Amérique, l’Asie! Après l’Asie, l’Europe! C’étaient plus de trente mille kilomètres que le prodigieux appareil venait de faire en moins de vingt-trois jours!
Et maintenant, le voilà qui s’engage au-dessus des régions connues ou inconnues de la terre d’Afrique!
Peut-être veut-on savoir ce qu’était devenue la fameuse tabatière, après sa chute?
La tabatière était tombée rue de Rivoli, en face du numéro 210, au moment où cette rue se trouvait déserte. Le lendemain, elle fut ramassée par une honnête balayeuse qui s’empressa de la porter à la Préfecture de Police.
Là, prise tout d’abord pour un engin explosif, elle fut déficelée, développée, ouverte avec une extrême prudence.
Soudain une sorte d’explosion se fit... Un éternuement formidable que n’avait pu retenir le chef de la Sûreté.