— Hurrah!… Hip!… hip!… hip! pour J.-T. Maston! » cria tout l’auditoire, électrisé par la présence de cet éminent et extraordinaire personnage.

Ah! combien Mrs Evangélina Scorbitt fut émue des acclamations qui éclatèrent autour du célèbre calculateur, et à quel point son coeur en fut délicieusement remué!

Lui, modestement, se contenta de balancer doucement la tête à droite, puis à gauche, et de saluer du bout de son crochet l’enthousiaste assistance.

« Déjà, chers souscripteurs, reprit le président Barbicane, lors du grand meeting qui célébra l’arrivée du Français Michel Ardan en Amérique, quelques mois avant notre départ pour la Lune… »

Et ce Yankee parlait aussi simplement de ce voyage que s’il eût été de Baltimore à New-York!

« … J.-T. Maston s’était écrié : "Inventons des machines, trouvons un point d’appui et redressons l’axe de la Terre!" Eh bien, vous tous qui m’écoutez, sachez-le donc!… Les machines sont inventées, le point d’appui est trouvé, et c’est au redressement de l’axe terrestre que nous allons appliquer nos efforts! »

Ici, quelques minutes d’une stupéfaction qui, en France, se fût traduite par cette expression populaire mais juste : « Elle est raide, celle-là! »

« Quoi!… Vous avez la prétention de redresser l’axe? s’écria le major Donellan.

— Oui, monsieur, répondit le président Barbicane, ou, plutôt, nous avons le moyen d’en créer un nouveau, sur lequel s’accomplira désormais la rotation diurne…

— Modifier la rotation diurne!… répéta le colonel Karkof, dont les yeux jetaient des éclairs.