Les agents s’élancèrent pour le lui arracher avec la vie, s’il le fallait…
Mais, prestement, J..T. Maston put l’ouvrir, en déchirer la dernière page, et, plus prestement encore, avaler cette page comme une simple pilule.
« Maintenant, venez la prendre! » s’écria-t-il du ton de Léonidas aux Thermopyles.
Une heure après, J.-T. Maston était incarcéré dans la prison de Baltimore.
Et c’était sans doute ce qui pouvait lui arriver de plus heureux, car la population se fût portée sur sa personne à des excès regrettables pour lui que la police eût été impuissante à prévenir.
XI
Ce qui se trouve dans le carnet de J.-T.
Maston, et ce qui ne s’y trouve plus.
Le carnet, saisi par les soins de la police de Baltimore, se composait d’une trentaine de pages, zébrées de formules, d’équations, finalement de nombres constituant l’ensemble des calculs de J.-T. Maston. C’était là un travail de haute mécanique, qui ne pouvait être apprécié que par des mathématiciens. Là figurait même l’équation des forces vives
V2 – V0 = 2gr2 (1/r – 1/r0)
qui se trouvait précisément dans le problème de la Terre à la Lune, où elle contenait, en outre les expressions relatives à l’attraction lunaire.