Mais, si cela était beau, cela devenait de plus en plus dangereux. Le populaire se portait jour et nuit autour de la prison de Baltimore. Là, grands cris et grand tumulte. Les enragés voulaient lyncher J.-T. Maston hic et nunc. La police voyait venir le moment où elle serait impuissante à le défendre.
Désireux de donner satisfaction aux masses américaines, aussi bien qu’aux masses étrangères, le gouvernement de Washington décida enfin de mettre J.-T. Maston en accusation et de le traduire devant les Assises.
Avec des jurés, étreints déjà par les affres de l’épouvante, « son affaire ne traînerait pas! » comme disait Alcide Pierdeux, qui, pour sa part, se sentait pris d’une sorte de sympathie envers cette tenace nature de calculateur.
Il suit de là que, dans la matinée du 5 septembre, le président de la Commission d’enquête se transporta de sa personne à la cellule du prisonnier.
Mrs Evangélina Scorbut, sur son instante demande, avait été autorisée à l’accompagner. Peut-être, dans une dernière tentative, l’influence de cette aimable dame finirait-elle par l’emporter?… Il ne fallait rien négliger. Tous les moyens seraient bons, qui donneraient le dernier mot de l’énigme. Si l’on n’y parvenait pas, on verrait.
« On verrait! répétaient les esprits perspicaces. Eh! la belle avance, quand on aura pendu J.-T. Maston, si la catastrophe s’accomplit dans toute son horreur! »
Donc, vers onze heures, J.-T. Maston se trouvait en présence de Mrs Evangélina Scorbitt et de John H. Prestice, président de la Commission d’enquête.
L’entrée en matière fut des plus simples. En cette conversation furent échangées les demandes et les réponses suivantes, très raides d’une part, très calmes de l’autre.
Et qui aurait jamais pu croire que des circonstances se présenteraient où le calme serait du côté de J.-T. Maston!
« Une dernière fois, voulez-vous répondre?… demanda John H. Prestice.