— Certainement, dame Hansen.

— Si vous me reprochez de m'être imprudemment lancée dans de mauvaises affaires, d'avoir compromis la fortune de mes enfants, vous avez raison. Mais, si vous me reprochez d'avoir agi comme je l'ai fait pour me libérer, vous avez tort. Qu'avez-vous à répondre?

— Rien.

— Sérieusement, fallait-il refuser l'offre de Sandgoïst, qui, en fin de compte, a payé quinze mille marks cette cession d'un billet dont la valeur ne repose sur rien? Je vous le redemande, fallait-il refuser?

— Oui et non, dame Hansen.

— Ce n'est pas oui et non, monsieur Hog, c'est non. Dans la situation que vous connaissez, si l'avenir n'eût pas été aussi menaçant — par ma faute, j'en conviens — j'aurais compris le refus de Hulda!… Oui!… j'aurais compris qu'elle ne voulût céder à aucun prix le billet qu'elle avait reçu de Ole Kamp! Mais, quand il s'agissait d'être expulsée dans quelques jours d'une maison où mon mari est mort, où mes enfants sont nés, je ne le comprends plus, et vous-même, monsieur Hog, à ma place, vous n'eussiez pas agi autrement!

— Si, dame Hansen, si!

— Et qu'auriez-vous fait?

— J'aurais tout tenté plutôt que de sacrifier le billet que ma fille avait reçu dans de pareilles circonstances!

— Ces circonstances le rendent-elles donc meilleur?