— Oui, Siegfrid, ma meilleure amie, et que j'aime comme une soeur! répondit en souriant la jeune fille.
— Eh bien, ferme la porte, Hulda, et allons dormir…
— Vous n'êtes pas souffrante, ma mère?
— Non, mais demain je compte me lever de bonne heure. Il faut que j'aille à Moel…
— À quel propos?
— Eh! ne faut-il pas s'occuper de renouveler nos provisions pour la saison qui va venir?
— Le messager de Christiania est donc arrivé à Moel avec sa voiture de vins et de comestibles?
— Oui, Hulda, cet après-midi, répondit dame Hansen. Lengling, le contremaître de la scierie, l'a rencontré et m'a prévenue en passant. De nos conserves en jambon et en saumon fumé, il ne reste plus grand-chose, et je ne veux pas risquer d'être prise au dépourvu. D'un jour à l'autre, surtout si le temps redevient meilleur, les touristes peuvent commencer leurs excursions dans le Telemark. Il faut que notre auberge soit en état de les recevoir et qu'ils y trouvent tout ce dont ils peuvent avoir besoin pendant leur séjour. Sais-tu bien, Hulda, que nous voici déjà au 15 avril?
— Au 15 avril! murmura la jeune fille.
— Donc, demain, reprit dame Hansen, je m'occuperai de tout cela. En deux heures, j'aurai fait nos achats que le messager apportera ici, et je reviendrai avec Joël dans sa kariol.