On le voit, les recommandations ne lui manquaient pas. Elles venaient d'en bas et d'en haut.

— Surtout, n'ayez pas peur! ajouta Hulda.

— Je n'ai pas peur!

— Nous vous sauverons! cria Joël.

— J'y compte bien, car, par saint Olaf! je ne pourrais me sauver tout seul!

Évidemment, ce voyageur avait absolument conservé sa présence d'esprit. Mais, après sa chute, sans doute, bras et jambes lui avaient refusé service, et tout ce qu'il pouvait faire, maintenant, c'était de se retenir à la mince saillie qui le séparait du gouffre.

Cependant, Hulda descendait toujours. Quelques instants plus tard, elle eut rejoint le voyageur. Alors, ayant appuyé son pied contre une aspérité du roc, elle lui prit la main.

Le voyageur essaya de se redresser un peu.

— Ne bougez pas, monsieur!… Ne bougez pas!… dit Hulda. Vous m'entraîneriez avec vous, et je ne serais pas assez forte pour vous retenir! Il faut attendre l'arrivée de mon frère! Quand il se sera placé entre nous et le Rjukanfos, vous essaierez de vous relever afin de…

— Me relever, ma brave fille! C'est plus facile à dire qu'à faire, et je crains bien que ce soit peu aisé!