— Vous y retournerez, monsieur Sylvius, répondit Hulda.
— Et nous y retournerons ensemble avec cette bonne madame Hansen, si elle veut bien nous accompagner.
— Eh! j'y pense, mes amis, il faudra que je prévienne, par un petit mot, Kate, ma vieille bonne, et Fink, mon vieux domestique de Christiania! Ils seraient très inquiets si je ne leur donnais pas de mes nouvelles, et je serais grondé!… Et, maintenant, je vais vous faire un aveu! Les fraises, le laitage, c'est très agréable, très rafraîchissant; mais cela ne suffit pas, puisque je ne veux pas entendre parler d'être mis à la diète!… Est-ce bientôt l'heure de votre dîner?…
— Oh! peu importe, monsieur Sylvius!…
— Il importe beaucoup, au contraire! Croyez-vous donc que, pendant mon séjour à Dal, je vais m'ennuyer tout seul à ma table et dans ma chambre? Non! je veux manger avec vous et votre mère, si dame Hansen n'y voit pas d'inconvénient!
Naturellement, dame Hansen, quand on lui fit connaître le désir du professeur, et bien qu'elle eût peut-être préféré se tenir à part, suivant son habitude, ne put que s'incliner. Ce serait un honneur pour elle et les siens d'avoir à sa table un député du Storthing.
— Ainsi, c'est convenu, reprit Sylvius Hog, nous mangerons ensemble dans la grande salle…
— Oui, monsieur Sylvius, répondit Joël. Je n'aurai qu'à vous y pousser sur votre fauteuil, quand le dîner sera prêt…
— Bon! Bon! monsieur Joël! Pourquoi pas en kariol? Non! Avec l'aide d'un bras, j'arriverai. Je ne suis pas amputé, que je sache!
— Comme vous voudrez, monsieur Sylvius! répondit Hulda. Mais ne faites pas inutilement d'imprudences, je vous prie… ou Joël aura vite fait d'aller chercher le médecin!