«Monsieur le professeur,
«En réponse à votre dernière lettre, je vous adresse sous ce pli un document qui a été recueilli en mer par un navire danois, à la date du 5 juin dernier. Malheureusement, ce document ne laisse plus aucun doute sur le sort du Viken…»
Sylvius Hog, sans prendre le temps d'achever la lettre, avait tiré le document de l'enveloppe… Il le regardait… Il le retournait…
C'était un billet de loterie, portant le numéro 9672.
Au revers du billet, on lisait ces quelques lignes:
«3 mai. — Chère Hulda, le _Viken _va sombrer!… Je n'ai plus que ce billet pour toute fortune!… Je le confie à Dieu pour qu'il te le fasse parvenir, et, puisque je n'y serai pas, je te prie d'être là quand il sera tiré!… Reçois-le avec ma dernière pensée pour toi!… Hulda, ne m'oublie pas dans tes prières!… Adieu, chère fiancée, adieu!…
«Ole Kamp.»
XII
Voilà donc quel était le secret du jeune marin! C'était là cette chance sur laquelle il comptait pour apporter une fortune à sa fiancée! Un billet de loterie, acheté avant son départ!… Et au moment où allait sombrer le _Viken, _il l'avait enfermé dans une bouteille, il l'avait jeté à la mer, avec un dernier adieu pour Hulda!
Cette fois, Sylvius Hog fut anéanti. Il regardait la lettre, puis le document!… Il ne parlait plus. Qu'eût-il pu dire, d'ailleurs? Quel doute pouvait exister maintenant sur la catastrophe du _Viken, _sur la perte de tous ceux qu'il ramenait en Norvège?